curtains l'ultime cauchemar

The requested URL /editeur.php?id=2&pays=1 was not found on this server.Avec Kongo, Tom Pirabosco et Christian Perissin nous livrent une version dessinée du carnet de bord de Joseph Conrad lors de son expédition en terres congolaises à la fin du 19ème siècle. Depuis sa plus tendre enfance, celui qui se nomme encore Josef Teodor Konrad Korzeniowski, rêve d’Afrique. Devenu capitaine de marine marchande, il saute des deux pieds dans l’aventure lorsqu’il lui est proposé de prendre le commandement d’un bateau navigant sur les eaux du fleuve Congo. Le rêve devient réalité. Le voyage tant désiré vers une destinée fantasmée vire pourtant à la désillusion. Choqué par le flot de violences déversé, l’homme assiste en témoin impuissant aux pires dérives de l’occupation européenne. Dés ses premiers pas, Conrad ressent que ce pays « si effroyable pour les blancs, parait bien pire pour les indigènes ». Accumulant horreurs et injustices, le périple plonge peu à peu le héros dans un cauchemar inattendu.

Pour décrire une atmosphère oppressante et tendue, le choix du noir et blanc s’avère judicieux et adapté à la noirceur du contexte et des âmes. Cette option confère une patine historique aux vignettes et s’impose comme une évidence esthétique au fil des pages et du parcours ténébreux. Le coup de crayon épais aux lignes néanmoins fines de Pirabosco dépeint à merveille les sentiments sur les visages alors que l’aspect charbonneux donne un grain unique dont la maitrise offre une gamme infinie de nuances.
dollar curtains niddrie Véritable coup de maître, cet ouvrage transpose en images et avec brio, les mémoires de Joseph Conrad dont les romans écrits après cette aventure* constitueront une critique rare de la colonisation à une époque où l’impérialisme occidental est à son apogée.
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Le britannique, polonais d’origine, ne se laisse pas trompé et, dans toute sa lucidité, perçoit derrière le masque de la philanthropie le vrai visage du colonialisme dont le but ultime réside dans le pillage du territoire. De basses manœuvres derrières les bonnes intentions, une critique encore et toujours d’actualité dans plusieurs régions du continent.
monza azure curtains Kongo, de Tom Pirabosco et Christian Perissin
blackout curtains bouclair * « Un avant poste du progrès » publié en 1897
made to measure curtains urmston « Au cœur des ténèbres » publié en 1899
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Face au terrorisme : consommez ! Je Suis Paris, Je Suis Beyrouth, Je Suis Humain Vidi Legi Amavi #25Sommé de prouver la nationalité de ses parents, l'écrivain a tiré de cette expérience un beau livre sur l'identité. • Mis à jour le En octobre 2009, une semaine avant de s'envoler vers Berlin pour le compte de Radio France, l'auteur, Michka Assayas, perd son passeport - ou bien on le lui vole. A l'antenne de police de sa mairie où il se rend pour s'en faire établir un autre, un employé lui annonce que "les règles ont changé". Bien que journaliste et écrivain français, né en France de parents français, Assayas doit se rendre à un "pôle de la nationalité française" où, après rendez-vous, en compagnie d'autres apatrides, il va lui falloir se livrer à l'impossible tâche de "prouver" à l'administration sa nationalité. Autant dire son innocence : "Je n'étais plus fondu dans la masse, écrit-il, posant d'emblée les implications de cette situation.

L'administration avait détecté chez moi un caractère particulier. Je devenais une source d'embarras pour moi-même et les autres."Les quatre-vingts pages qui suivent comptent parmi les meilleures de ce court livre. Pour une fois, l'adjectif kafkaïen n'est pas de trop, non tant à cause de ce qui nous est raconté qu'en raison de la façon dont l'auteur s'y est pris pour le faire. Délaissant le pamphlet politique, il choisit la littérature - une littérature quasi neutre, où le détail, comme chez Kafka, devient l'ultime piton du réel à quoi la raison s'accroche une fois suspendue dans le vide.Vide pervers et, au fond, parfaitement gratuit, de la violence administrative ; vide désarmé de ses proies tour à tour goguenardes ou furieuses, mais toujours impuissantes : "Quand mon numéro arrive, je me rends compte que, malgré moi, je n'ai pas cessé de songer à l'attitude et à l'expression à adopter, écrit Assayas. Faut-il être souriant et décontracté ? Je risquerais d'agacer l'employée, qui jugerait peut-être malséante la familiarité d'un administré dans une telle situation."

Oui, nous sommes bien chez Kafka. Non à Prague, pourtant, et pas non plus dans les contrées fantasmagoriques du Procès, mais bel et bien en France. En France où, depuis le milieu des années 1990, le renouvellement de la carte d'identité est soumis aux critères des circulaires dites Pasqua et où cette obligation a été étendue en 2005 aux passeports ; en France où, comme l'auteur de Faute d'identité, des milliers de nos concitoyens sont désormais sommés de fournir à l'administration les introuvables extraits de naissance de leurs parents nés à l'étranger. Dans le cas d'Assayas : un père juif originaire de Constantinople, une mère hongroise de confession calviniste.De ces parents, il va être beaucoup question dans la suite de ce livre - et c'est ce qui en fait la beauté déchirante. Assayas, en effet, ne se contente pas de dénoncer, avec une simplicité percutante, la fastidieuse et contradictoire obsession de la France pour sa propre identité. Bien vite, il dirige son attention sur une question bien plus passionnante et ambiguë : comment les autorités, l'obligeant à farfouiller dans les archives familiales, l'amènent à se pencher sur des documents qui, écrit-il, "viennent d'une époque qui ne me concerne pas, j'allais écrire qui ne me regarde pas".

La formule est parfaite et nous voilà au coeur du problème : "Bribes de vies antérieures, vécues dans des appartements qui n'existent plus au sein d'immeubles le plus souvent détruits (...), bric-à-brac dont l'étrangeté m'avait toujours, pour ainsi dire, découragé. A présent, je suis sommé de regarder tout cela et de penser : c'est toi." Mais est-ce bien lui ? Tout ici tient dans la tension, dans la réticence, voire dans l'hostilité de l'auteur vis-à-vis d'une "identité" dont il n'a que faire - et qu'une obscène obsession administrative lui assigne.Mais - compliquons un peu les choses - n'y a-t-il pas quelque chose de curieusement positif dans cette assignation ? Auteur, par ailleurs, de quatre romans, l'écrivain se définit surtout en spécialiste du rock (genre sur lequel il a publié plusieurs ouvrages, dont le célèbre Dictionnaire du rock, paru en 2002 chez Robert Laffont). Il se veut, à ce titre, membre d'une génération contemporaine de la fin de la guerre froide, c'est-à-dire impuissante, écrit-il, "à avoir un "nous"".

Il en a conçu - "comme bien d'autres" - un remords, un malaise, lequel s'est traduit par une "fièvre narcissique morbide", une ironie qu'il a dirigée en premier lieu contre sa famille, puis globalement contre tout, lui inclus. Analyser la source de cette ironie, savoir ce qui a poussé tant de membres de cette génération à vivre l'individualisme sur le mode du regret et de la culpabilité, plutôt que sur celui de la libération, dépasse de loin le cadre de cet article. Le terme même de génération est de toute façon discutable et, à vrai dire, Assayas en fait, sur le sujet, un peu trop (les pages qu'il consacre au cynisme facile des écrivains contemporains, en particulier, sont elles-mêmes d'une facilité pénible, sans parler de ses considérations politiques à courte vue). N'empêche, la question se pose, à mesure que l'auteur plonge son récit dans le nécessaire poison des douleurs familiales : sans l'aberration administrative dont il a été victime, le dépassement de son cynisme aurait-il pu avoir lieu ?